Vœux 2026 : poursuivre nos progrès

À l'occasion de la cérémonie des vœux, organisée dans le hall du bâtiment Atrium devant plus de 300 personnes, la Présidente Anne Fraïsse est revenue sur les réalisations et les progrès réalisés par notre université, malgré le contexte difficile et les contraintes budgétaires qui pèsent sur elle.

Une année 2025 décisive, mais que l’Université de Montpellier Paul-Valéry, dans le cadre de sa transformation en établissement public expérimental, a su négocier tout en maintenant le niveau de ses objectifs et son dynamisme universitaire.

C’est dans le cadre de cette évolution, et en dépit d'un contexte budgétaire peu favorable pour l’ensemble des universités françaises, que la Présidente Anne Fraïsse a présenté ses vœux pour l’année 2026.

Discours prononcé par la Présidente Anne Fraïsse à l'occasion de la cérémonie des vœux 2026 :

« Le mois de Janvier voit revenir la cérémonie des vœux pour faire le bilan de l’année précédente et souhaiter que l’année qui débute soit bonne. Loin de moi l’idée de ne pas me conformer à la tradition, mais depuis 2008 c’est mon 14ème discours de vœux et je crains, sinon de m’en lasser, du moins de vous lasser. Permettez-moi donc justement de partir cette année d’un point de vue différent, celui de la devise de notre université « semper dissimilis » toujours différente.

2025 a-t-elle été une bonne année ? Non sans doute aux yeux de notre ministère puisque nos prévisions budgétaires nous annoncent dans le rouge fin 2026 pour les 3 critères regardés : niveau de trésorerie ; niveau de fonds de roulement ; taux de pression de la masse salariale. Pour l’État, nous sommes un problème, un déficit, et une université difficile qui a trop d’étudiants et pas assez de ressources. Il est douloureux pour notre communauté d’être toujours ramenée à ces sujets, bloquée dans son élan et la réalisation de ses missions par une situation que l’État a lui-même créée et dont visiblement il n’envisage pas de nous sortir. Je pourrais bien sûr minimiser ce problème et avec optimisme vous montrer le verre à moitié plein (ce que fait systématiquement notre ministre en minimisant les difficultés des universités et en leur renvoyant la faute). Non, « semper dissimilis » ne veut pas dire aveuglement ou concessions. Oui 2025 a été une bonne année. Oui notre université est une bonne université dont les résultats sont remarquables et la communauté solidaire, enthousiaste et efficace malgré des conditions de travail très rudes.

Quand je regarde notre université, je ne vois pas un déficit mais de superbes campus (certes toujours en travaux) et l’année 2025 a vu l’achèvement du pourtour de l’ATRIUM dans le cadre de l’opération campus et dans une coopération exceptionnelle avec la Mairie de Montpellier et la Métropole : la place Marc Bloch, l’arrivée de la ligne 5 du tramway avec son superbe décor végétal, œuvre d’art inscrite durablement dans notre quotidien (ce qui est d’ailleurs la ligne directrice du 1% Artistique de tout notre campus, y compris celui d’ATRIUM qui sera inauguré ce mois-ci). Mais aussi la future crèche Colette Richarme et pour ce qui s’annonce en 2026 le lancement des travaux de rénovation du bâtiment Ramon Llull, siège de notre ancienne bibliothèque, ceux du nouveau bâtiment du site Du Guesclin de Béziers, le début des études sur le site Boutonnet et tous les projets inscrits dans notre nouveau et superbe SPSI que nous allons voter en ce début d’année. S’il faut émettre un souhait pour 2026 c’est celui de trouver avec la Région la même dynamique qu’avec la Métropole, pour pouvoir lancer le projet « La Fabrique » si important pour notre université, actuellement suspendu faute de garantie du financement régional.

Quand je regarde notre université, je ne vois pas un déficit mais une progression exceptionnelle en recherche qui fait de notre université, conformément à ce que nous avions affirmé dans le COMP (contrat d’objectifs, de moyens, et de performance), une université de recherche intensive en LLASHS. L’obtention du projet FORSEE avec Grenoble et de bien d’autres projets dans les domaines qui sont les nôtres, les rapports de l’HCERES sur nos équipes de recherche qui nous reviennent tous avec des avis très élogieux sur la quantité et surtout la qualité de travail fourni, le déploiement harmonieux de MIRANDA, les succès du projet ICARES, là aussi en collaboration avec la Métropole mais aussi avec le CHU et l’ARS et enfin notre place exceptionnelle pour une université LLASHS dans les classements mondiaux. 2025 a été une bonne année ; celle d’un élan qui ne s’arrêtera pas.

Quand je regarde notre université, je ne vois pas son déficit, je vois une université ouverte sur le monde, sur la société, qui travaille en bonne entente avec ses partenaires. La construction de l’EPE vers le grand établissement progresse bien, je voudrais saluer à cette occasion l’implication sans faille et le dynamisme de l’école d’architecture dans cette construction (évidemment la construction c’est leur domaine) et leur dire ainsi qu’à nos équipes toute ma reconnaissance et mon admiration pour ce chantier mené en commun. Merci également à Faire ESS dans le domaine social d’avoir été volontaire pour nous rejoindre dans l’EPE pour une intégration comme établissement composante, au passage un grand établissement. Leur arrivée équilibre remarquablement le projet qui concerne maintenant tous les volets d’une université LLASHS. Nous signerons cet accord en ce début d’année. Le souhait pour 2026, avancer de la même façon avec les écoles d’art qui sont également nos partenaires privilégiés et garder avec tous ceux qui travaillent avec l’université les mêmes relations constructives que nous avons eues en 2025. Je pense en particulier, dans le domaine international, aux accords nouveaux ou à ceux que nous avons consolidés.

Quand je regarde notre université, je n’y vois pas trop d’étudiants, mais j’y vois trop peu de personnels. Notre communauté a pris la décision courageuse de ne pas faire peser sur nos étudiants ou nos futurs étudiants les conséquences désastreuses de l’insuffisance de notre dotation d’État, de ne pas fermer nos formations, de ne pas réduire nos capacités d’accueil, de rester ouverte aux étudiants internationaux, de continuer à soutenir la formation continue, l’apprentissage et nos formations à distance, c’est-à-dire de nous adapter à tous les types de publics que nous avons, dans une vision responsable de ce qu’est le service public.

Je me refuse à penser que nous devrions avoir 17000 étudiants parce que notre budget et notre encadrement nous réduisent nécessairement à cela. Nous ne sommes pas qu’un déficit et un sous encadrement. De fait, nous avons 23000 étudiants, une université pleine d’étudiantes et d’étudiants et nous en sommes heureux et fiers ; aussi difficile que cela soit, c’est notre mission de service public et nous ne la renierons pas. Nous voyons les choses différemment du ministère. Ce n’est pas l’argent qui doit déterminer notre nombre d’étudiants, mais notre nombre d’étudiants qui doit déterminer notre dotation d’État pour charges de services public. Cela s’appelle un modèle d’allocation des moyens, celui que l’État nous refuse. Souhaitons que l’année 2026 voit enfin arriver ce nouveau modèle d’allocation des moyens, indispensable dans une démocratie (dois-je rappeler que sommes le seul pays d’Europe à ne pas avoir un modèle connu et transparent de répartition de l’argent de l’État à ses universités ?).

Nous pouvons être heureux et fiers de la décision prise d’assumer, nous, personnels de l’État, cette lourde charge pour laquelle nous n’avons ni les bras ni le financement, au nom des valeurs que nous défendons. D’autant que nos étudiants réussissent, malgré des conditions de plus en plus précaires (notre taux de réussite a augmenté en 5 ans de 6% pour chaque année de licence et de 5% pour chaque année de master) et c’est notre plus belle récompense. L’année 2025 fut une bonne année, une année où nous avons porté haut également nos valeurs d’inclusion et de défense de l’environnement, avec plusieurs labels, plusieurs accords qui viennent affiner et renforcer le rôle et l’action de notre université dans ces domaines.

Alors 2025 a été une belle année et 2026 sera une belle année. Parce qu’une année est belle, non pas parce qu’elle voit un déficit se combler (même si ce ne serait pas mal pour 2026) ou parce qu’il ne se passe rien qui puisse rompre la routine ou la résignation pessimiste devant une situation nationale désespérante, une belle année n’est pas une année blanche ou nulle. 2026 sera belle parce que nous continuerons à travailler pour nos étudiants, pour faire briller la recherche dans nos disciplines, pour préparer un monde plus ouvert, plus tolérant, plus responsable, plus fraternel.

Le travail qui nous attend est immense, les conditions pour le mener à bien difficiles, mais notre volonté collective est intacte parce que le combat que nous menons est nécessaire et que nous le menons ensemble.

C’est cette certitude-là qui doit nous faire vivre cette année, car une bonne année c’est celle que l’on vit en accord avec soi-même, avec ses convictions et en gardant l’espoir de pouvoir agir positivement et collectivement sur le monde qui nous entoure.

Je vous souhaite à tous la meilleure des années 2026. »

Anne FRAÏSSE
Présidente de l'Université de Montpellier Paul-Valéry

Dernière mise à jour : 19/01/2026